Centrafrique : Cathérine Samba Panza, de maire à mère

Déjà MAIRE de Bangui, elle devient MERE de tous les Centrafricains

Déjà MAIRE de Bangui, elle devient MÈRE de tous les Centrafricains (Photo Rue89)

Elle était Maire de Bangui. Puis, depuis, jeudi 21 janvier, Mère de la Centrafrique. Et c’est en mère qu’elle lance ce message pathétique: « Je voudrais en tant que mère pouvoir apaiser les esprits. Seule une mère pourra rassembler tous ses filles et fils divisés », avant d’ajouter plus tard « je suis présidente de toutes les centrafricaines, et tous les centrafricains sans exclusive, je lance un appel à mes enfants anti Balaka et à mes enfant ex-Seleka Manifestez votre adhésion à ma nomination en donnant un signal fort de dépôt des armes ».

C’est elle, Cathérine Samba Panza, qui aura la lourde charge de ramener la paix dans un pays ravagé par la guerre. Tenter de réussir là où les hommes ont échoué jusqu’ici. Dans un pays comme la Centrafrique en proie à des conflits intercommunautaires et interreligieux, il faut, en effet, avoir du cœur, celle d’une mère pour oser conduire la transition. Cette audace, Mme Samba Panza l’a eu. Et, pour une fois depuis plusieurs mois, ce jeudi après-midi, les armes se sont tues, le temps que tout un peuple (ou presque) saluait l’élection  de la désormais « Maman nationale» au sein/auprès de la quelle chacun devrait pouvoir trouver des raisons de pardonner.

Premier test, former un gouvernement qui commence déjà par rassurer toutes les parties. L’enjeu est de taille : rassurer suffisamment ceux qui hésitent toujours à déposer les armes, à le faire, dans un pays ou chacun doit avoir perdu au moins un père, une mère, un frère, une sœur, un ami, une connaissance… dans les folies collectives meurtrières de ces derniers mois. Ensuite apaiser les cœurs toujours saignants, nettoyer les yeux encore envahies par des larmes, tendre la main aux mains encore prêtes à dégainer…pour qu’ils acceptent de donner une chance à la paix. Puis, organiser une élection qui sera des plus sensibles, délicates et hautement stratégiques. Une élection à l’ivoirienne ou à la malienne qui, certainement, mobilisera l’attention du monde entier et nécessitera d’importantes ressources. Une élection qui, ne devrait pas contribuer pas à enfoncer le pays, à raviver les plaies, à renforcer le sentiment d’injustice qui plane généralement sur les pays africains à la fin de chaque processus électoral.

L’affaire n’est pas simple. Si Catherine réussit, ceux qui le disent auront raison d’avancer (comme www.slateafrique.com) que : « Ressources naturelles: si les femmes les contrôlaient, il y aurait moins de guerres ». A 58, elle a eu à relever des défis, mais celui-ci est, peut-être, celui de sa vie. Tous les Centrafricains, chrétiens comme musulmans, attendent de re-applaudir à la fin de la transition, comme à son élection. Mme, au boulot !

France : un milliard d’euros pour «rafaler» l’Afrique?

La France plus déterminée que jamais à vendre ses rafales

La France plus déterminée que jamais à vendre ses Rafale

Assez ! La France ne supporte plus de voir ses Rafale lui rester sur les bras. Avec un milliard d’euros, elle pense les rendre plus attrayants. Qui sait, en les rendant un peu plus meurtriers, ça peut trouver preneurs. En Afrique ? Pourquoi pas !

Par ces temps de crise, Hollande et son équipe n’oseront pas investir, sans espérer un retour intéressant et surtout immédiat. En annonçant un investissement de la bagatelle d’un milliard d’euros dans la retouche des avions Rafale le gouvernement français espère, certainement, pouvoir les vendre vite, et bien. Pourquoi ne pas les « liquider ». Il espère aussi caresser un peu la fierté des fils de la « République » de voir des « made in France » envahir le monde. En retour, on pourrait engranger des devises qui à leur tour pourront servir à calmer la tension dans le pays. Et en Bretagne.

Aux Rafale, on envisage déjà un client potentiel : l’Inde. Celui-ci, on connaît son nom. C’est curieux, on va si loin là ! Et pourtant, juste à côté, il y a l’Afrique qui pourrait en avoir besoin aussi. Non ?

Bien sûr ! Bah… qu’est-ce que vous croyez, on n’ira pas vous débarrasser des cliques à Gbagbo et à Khadhafi, tuer pour vous les « coupeurs de mains » au Nord-Mali, désarmer les dangereux musulmans de la Seleka…et ne même pas pouvoir vous vendre ne serait-ce qu’un Rafale. Ah j’allais oublier, on est même allé plus loin. Nos vaillants soldats ont même versé de leur sang bleu et noble sur vos sols sales et maudits. En retour de tout ça, rien ? N’y pensez même pas.

D’ailleurs, la France ne continuera pas à jouer au gendarme de l’Afrique. Les Africains doivent pouvoir être capables de faire face à leurs fils rebelles. Et, croyez-moi, ils sont de plus en plus nombreux. Avec quelques Rafale relookés, plus assassins, chaque pays pourra gérer ses dangereux terroristes, Al-Qaïda et Boko Haram et compagnie.

(Murmure) Ah ces négros, ils font vite l’amalgame. Euh…

-Hey, Messieurs, attention, n’oubliez pas les (rétro) commissions. Par ailleurs, les djembes et les valises sont toujours valables. Tant pis pour celui qui les aura oubliés.

Vous les mécanos, faites vite, vite ! Les avions doivent être prêts dans un délai record. Le fer est chaud, il faut le battre. Avec la haute saison des crises en Afrique, le marché est très porteur. Vite, avant que la Russie, la Chine et le Brésil… ne nous devancent. Les Rafale, il faut qu’on les vende. Partout où la France compte encore.